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L’art de la maïeutique littéraire : rencontre avec Émilie Gévart

  • il y a 7 heures
  • 3 min de lecture

Derrière chaque roman se cache une gestation, un cheminement intime où les mots prennent corps. À La Chouette Imprévue, nous croyons fermement que l’écriture, bien qu’individuelle, se nourrit de l’énergie du collectif. C’est tout le sens de l’atelier « Mon roman en 9 mois », animé par l’autrice Émilie Gévart.


Alors qu’une première session magnifique vient de s’achever et que la prochaine a déjà ouvert ses inscriptions, nous vous proposons de rencontrer le regard de l’autrice sur son propre atelier. Des réponses à cœur ouvert sur la confiance, la matière organique des livres et la magie d’écrire ensemble.


Tisser le collectif : « le groupe joue un rôle de matrice »


Dans ton atelier, à quel moment sens-tu qu’un groupe prend véritablement vie ?


« Dès la première séance ! J'accorde beaucoup d'importance au collectif, cela vient peut-être de ma déformation théâtrale !... Je crois aussi que c'est essentiel, dans ce qu'on va livrer et partager, de sentir un climat de confiance et j'en fais une priorité. »


Ressens-tu un certain stress au début d’un nouveau cycle, face à la rencontre avec de nouvelles personnalités ?


« C'est toujours une responsabilité de prendre en charge un groupe, et donc une certaine pression, mais pas de stress, non. Juste la curiosité de découvrir de nouvelles personnes, de connaître leurs projets et de saisir la singularité des un.es et des autres. Et puis le souci du travail bien fait. Je prends beaucoup de temps (et de plaisir) à préparer les séances. »


La métaphore de la gestation : donner vie aux mots


Ton atelier s’intitule « Mon roman en 9 mois ». En quoi peut-on comparer la naissance d’un roman à celle d’une vie ? Quel est le lien entre l’écrivain.e et son texte ?


« Cette image n'est pas nouvelle, mais elle me semble parlante dans le cadre de notre atelier, d'une part parce qu'il s'étale sur 9 mois, neuf séances ; mais surtout parce qu'il envisage le roman comme une matière organique, un être vivant et non une mécanique à construire. C'est cette vie organique que j'encourage, plutôt qu'une boîte à outils. Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas travailler sur des outils concrets, mais que chaque roman aura sa vie propre et sa poussée.

Le poète Tristan Corbière disait aussi : "Tout homme a son livre dans le ventre." Toute femme, à plus forte raison ! ... Mon expérience de la maternité me ramène à cette métaphore. Et le temps de 9 mois, pour un premier jet, me paraît assez juste, même s'il y a des variables évidemment et des rythmes différents (à respecter). »


Pourquoi avoir choisi le format du roman pour cet atelier ?


« J'écris aussi de la poésie et du théâtre, c'est vrai. Et j'ai d'ailleurs publié deux ouvrages chez La Chouette Imprévue ! Mais c'est une proposition de la maison d'édition, qui n'avait pas encore d'atelier roman à proprement parler. Je suis autrice de quatre romans aux éditions Les Passagères. Il y a une forte demande dans le domaine, à juste titre : écrire un roman est une aventure magnifique, mais éprouvante, et le fait d'être accompagné dans cette gestation est une force, et je crois une chance.

Je suis la maïeuticienne, la coach, et le groupe joue aussi le rôle de matrice, par les échanges et retours, toujours bienveillants. Par rapport à une formation en ligne plus impersonnelle, ce vivarium est très riche et donne du courage. »


Cap sur la prochaine session : osez l’aventure !


Quel bilan tires-tu de la session qui s’achève, et que réserve la prochaine ?


« J'ai eu un merveilleux groupe pour entamer cette première session. Riche, habité, à l'écoute et très diversifié, tant au niveau des âges, des personnalités que des projets. Tous les genres se sont côtoyés, et parfois répondu. Chacun a pu évoluer à son rythme, avec de réels progrès et une belle maturation. Et bien sûr, des liens d'amitié se sont tissés entre nous...

Nous avons travaillé sur les personnages, la structure, les lieux, le style, entre autres... Mais surtout sur le projet de chacun.e, en encourageant la prise de risque, l'audace, et la rigueur (équilibre indispensable !).

La prochaine session reprendra ces éléments, avec de nouveaux exercices, des propositions qui auront pu s'affiner après cette première expérience, et toujours ce souci de mettre au monde des livres singuliers. »


Si quelqu’un hésite encore à s’inscrire, que lui dirais-tu ?


« Osez ! Franchissez le pas, vous ne le regretterez pas. »


À la lecture des mots d’Émilie on comprend que l’écriture n’est pas une solitude subie, mais un voyage qui se partage.


Les inscriptions pour la session 2026-2027 sont ouvertes ! Que vous ayez une idée lointaine ou un projet entamé, venez offrir à votre histoire la matrice qu’elle mérite !


-Un article rédigé par Era, au fil de ses échanges avec l’autrice, Émilie Gévart.

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