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Modado

​​Prends la plume !

Prends ta place !

Écris un poème !

Présentation générale du projet

Parent, proche, éducateur, enseignant, animateur, soignant, acteur culturel : qui que vous soyez, nous vous invitons, en tant qu’adulte, à encourager l’ado à se lancer dans l’écriture, à l’accompagner dans sa démarche – notamment au moment de l’envoi de son poème – tout en veillant à ne jamais écrire à sa place. Nous souhaitons en effet que les textes conservent leur voix propre, celle d’une écriture authentiquement adolescente, parfois secrète, intime, ou même en marge du cadre scolaire.

La poésie souffre souvent, à cet âge surtout, d’une réputation de discipline inaccessible, hermétique ou datée. À travers cet appel, qui s’inscrit dans l’époque, notre ambition est de défaire les idées reçues et d’offrir aux ados un espace où leurs mots, leurs émotions et leur créativité peuvent trouver leur place.

Comment soutenir l'appel à texte ?

En plus d'encourage l'ado à écrire, un autre moyen de soutenir MODADO consiste à en parler autour de vous, particulièrement cette année, qui marque sa première édition. Pour vous y aider, nous mettons à votre disposition diverses ressources : une affiche, une brochure destinée aux adolescents, des pistes pédagogiques liées au projet, des propositions pour lancer l’écriture... Ces outils sont conçus pour faciliter le partage, susciter l’intérêt et encourager à se saisir pleinement de ce projet.

Pourquoi encourager les ados à écrire ?

Encourager un adolescent à écrire, c’est lui offrir un contenant pour déposer ce qui l’agite, en lui permettant de transformer le vertige des éprouvés et des pensées qui le traverse, en un acte de symbolisation stabilisateur. L’écriture créative devient une zone d'expérience où il peut explorer et étayer les bases de son identité. 

L’adolescence est un processus développemental marqué par la métamorphose du corps et un profond remaniement interne. Dans ce contexte, le passage par l’écriture personnelle peut se révéler être un puissant outil de structuration pour le sujet en devenir.

Toutefois, pour se sentir libre, l’ado a besoin d'adultes soutenants. L’idée n'est pas de faire à sa place, ni de diriger son expression, mais de l'autoriser à trouver son propre langage. L’adolescence n’est pas seulement l’âge d’un spectaculaire pic de croissance, c’est aussi le moment où l’on apprend à prendre la parole. Cette parole n’est pas adulte, mais elle finira par le devenir si on lui permet de se déployer. Dans le cadre du projet MODADO, nous comptons sur vous, adultes, pour permettre et soutenir cet envol poétique.

- Sébastien Kwiek, doctorant en sciences de l’éducation (CAREF / UPJV Amiens) et responsable éditorial de la Chouette Imprévue.

Le premier volet de MODADO est un appel à poèmes destiné aux adolescents de 13 à 18 ans résidant en Picardie. Du 1ᵉʳ février au 31 mars 2026, les participants sont invités à écrire et envoyer un poème en vers libre sur le thème “Libre”, en écho à celui de la “La liberté. Force vive,

Pour participer, les adolescents devront remplir un formulaire en ligne qui permet d’accéder aux conditions de participation. Il sera précisé dès le départ que, s’ils sont sélectionnés, les participants mineurs devront obtenir l’accord de leurs représentants légaux pour que leur poème puisse être publié.

Les textes retenus par le jury seront publiés dans une anthologie éditée par la Chouette Imprévue et paraîtront en septembre 2026.

déployée” du Printemps des Poètes 2026. Aussi, le mot “libre” out tout autre mot de la même famille ne doit pas apparaître dans le poème.

Comment ?

Albertine Sarrazin : Notre figure littéraire associée

Libre : un adjectif qui colle à la peau d’Albertine Sarrazin.

C’est de liberté dont elle est privée lorsqu’elle est jetée en prison, après une enfance et une adolescence marquées par l’abandon et les violences subies. C’est la liberté qu’elle poursuit lorsqu’elle commence à écrire, à dix-sept ans, entre les murs qui l’enferment. C’est encore la liberté qui porte son écriture : une liberté d’encre, de papier et de graffitis, arrachée ligne après ligne, saut dans le vide littéraire avant son évasion spectaculaire.

Associer Albertine Sarrazin à cette première édition de MODADO, c’est offrir aux ados l’exemple d’un itinéraire littéraire hors norme, où la création surgit en marge, dans l’urgence, et devient une manière de tenir, de résister, de se réinventer. C’est aussi affirmer une nouvelle fois un ancrage local : l’autrice a en effet été incarcérée à la Citadelle de Doullens dont elle s’est évadée. Lieu de patrimoine d’exception, c’est aujourd’hui un espace de recherches, de transmission et de projets artistiques sur Albertine Sarrazin et toutes celles et ceux qui y sont passés à travers les siècles.

- Juliette Roux, Professeure de Français et Membre de la Chouette Imprévue

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Albertine Sarrazin, source d’inspiration pour la création contemporaine locale

J’ai découvert l’écriture d’Albertine Sarrazin en plein confinement, et la question de l’enfermement m’a évidemment parlé très fort dans ce moment. J'ai relu aussi Le journal d'Anne Frank à cette période. Chez Sarrazin comme chez Anne Frank, c’est la jeunesse, ce bouillonnement de vie, qui me paraissaient insupportables, et qui résonnaient aussi de façon très personnelle, quoique sans commune mesure. J’assistais dans ce temps à la souffrance de ma fille, jeune adolescente. Il me fallait traverser sa douleur en me confrontant à cette écriture carcérale.

Carcérale mais libre. 

Ce que j’aime chez Albertine, c’est sa liberté justement, c’est ce style improbable, ce mélange d’ordure et de Marie-Chantal, comme elle dit. Elle est très libre avec les mots, très “punk” aussi. Et en même temps, l’écriture, c’est ce qui la tient, ce qui la sauve. Avant même la prison, elle écrit, elle a toujours su que c’était sa voie(x). Ce rapport à la fois libre et vital aux mots me touche et m’étreint. J’explore toute cette question de l’écriture à travers deux spectacles : Bibiche et Times, inspirés de ses textes.

Enfin, nos chemins se croisent de par la citadelle de Doullens et la maison d’arrêt d’Amiens, où elle a été enfermée. J’habite sur la route qui mène de l’une à l’autre de ces prisons, de façon équidistante… Et des liens professionnels se sont tissés avec ces lieux, qui se sont associés au projet. Cela l’a nourri et fait grandir. L’envie aussi de partager, d’aller sur le terrain, en prison, faire des ateliers d’écriture, a nourri le projet et porté notre compagnie depuis plus de deux ans. Il se poursuit dans et hors les murs. Les mots s’évadent et nous évadent.

La cavale, pour Albertine Sarrazin, ce sont ces cahiers qu’elle noircit, et ses poèmes puissants en témoignent avec force, fougue et fièvre.

- Emilie Gévart, écrivaine, comédienne et metteuse en scène

Les partenaires de l'appel à texte MODADO

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